DES CAVES SOUS EAU A DOLHAIN
Mars 1983
S'il ne pleut plus ... trop, on annonce la décrue générale...
Hier, les déversoirs du barrage de la Vesdre, à Eupen, ont fonctionné. Mais depuis, seules les vannes du barrage sont ouvertes, laissant échapper 15,5 mètres cubes d'eau par seconde. L'eau est montée jusqu'à 18 cm. du bord. Les arrivées d'eau dans le barrage atteignaient 13,6 mètres cubes par seconde. A 9h., ce matin, on n'envisageait donc pas de faire fonctionner à nouveau les déversoirs. A Eupen, encore, on enregistrait une contenance de 24,7 millions de mètres cubes d'eau. A la Gileppe, la cote atteint 299 mètres, pour une contenance de 25,17 millions de mètres cubes d'eau. Ce matin à la Gileppe, les entrées d'eau étaiient comptabilisées à 6 mètres cubes par seconde, contre 16 à 17 mètres cubes par seconde, hier.
Même si la pluie cesse, on ne manquera pas d'eau !
Inquiétude à Goé...
A Goé, à proximité du siège de la firme Corman, la hauteur des eaux prenait des proportions inquiétantes et si les collecteurs arrivaient encore à effectuer leur travail normalement, les dirigeants de l'entreprise éprouvaient de vives inquiétudes par l'éventuel lâchage des eaux de la Gileppe, en un endroit précisément où les deux lits se rejoignent.
Hier soir, à la jonction, les vagues et remous atteignaient pratiquement la hauteur du petit pont donnant accès au parking de l'entreprise et l'équipe des pompiers de première intervention de la firme était mobilisée, dans la crainte de la force de frappe d'obstacles divers contre les armatures du pont.

Des caves sous eau à Dolhain...
A Dolhain, les sapeurs-pompiers volontaires étaient mobilisés, dans l'attente des ordres. Une réunion avait d'ailleurs lieu hier soir à l'administration communale où toutes les mesures préventives étaient prisent en collaboration avec le bourgmestre M. Charpentier et le secrétaire communal M. Job.
Les conséquences du lâchage des eaux du barrage d'Eupen n'allaient cependant pas tarder à se manifester et, sur la place d'Andrimont, plusieurs caves, appartenant notamment à des commerçants, subissaient des inondations d'importance, nécessitant un urgent dégagement de lourdes pièces y entreposées.
Les pompiers, dans la soirée d'hier, s'activaient à vider ces caves de leur contenu et à en pomper l'eau sortie du lit de la Vesdre.

INONDATIONS: ON A CRAINT LE PIRE.
EUPEN: HIER ON LIBERAIT LES EAUX...
La situation dans notre région s'est subitement aggravée dans la journée d'hier en raison des chutes de pluies qui s'abattaient sans discontinuer, transformant les rivières en torrents et provoquant la sortie des eaux de leur lit. Mais, dans la soirée, c'est surtout vers les barrages d'Eupen et de la Gileppe que tous les regards se tournaient, où la menace du lâchage des eaux, hélas, se précisait à Eupen tandis que la Gileppe se tenait en position d'attente. Après une nuit presque sans pluie, on annonçait ce matin les premiers signes d'une décruue générale.
Au barrage d'Eupen, c'est un véritable torrent vrombissant qui déferlait vers le lit de la vallée, créant un ciel artificiellement brumeux. L'ordre d'ouverture des vannes avait été lancé dans le courant de l'après-midi et débouchait aussitôt sur un gonflement inquiétant de la Vesdre en ses endroits malheureusement traditionnels tels le terrain de football du club d'Espagnols de Dolhain, la campagne Lonhienne et la région de Pépinster-Nessonvaux où le trafic a même été interrompu.
Dans l'attente de la Gileppe...
Du côté du barrage de la Gileppe, les nouvelles étaient à peine plus rassurantes. Les responsables du barrage, s'ils n'avaient encore reçu aucun ordre de lâchage, ne pouvaient cependant rien affirmer. Il apparaissait cependant que, dans l'état actuel des choses, à savoir la poursuite des chutes de pluie, l'ouverture des vannes pouvait être ordonnée ce vendredi.
Mais la situation se fit plus rassurante dès les premières heures de la matinée.
